Un jour, quelqu'un est venu proposer aux pensionnaires du foyer de l'Etang Carret de Dommartin de participer à un défilé de mode. Sabrina, 22 ans, s'est immédiatement portée candidate.
Jeudi soir, lors de la soirée des cinquante ans de l'Arimc (Association Régionale Rhône-Alpes des Infirmes Moteurs-Cérébraux), elle a ouvert le défilé avec une robe en crêpe de soie bicolore. Et elle l'a clot en portant une robe de mariée fleur de lys en taffetas de soie, qui habillait également son fauteuil roulant, le faisant oublier.
« J'avais un peu le trac, mais j'étais tellement contente de participer. J'aime la mode. J'étais fière », dit la jolie rousse, qui a assuré trois passages.
Dans le hall du siège de la Cegid, une trentaine de personnes handicapées ont joué les mannequins, accueillis par Jean-Michel Aulas, président de la Cegid et de l'OL , de Jean- Luc Loubet, président de l'Arimc Rhône-Alpes et de plusieurs élus.
Venus de plusieurs centres (dont Virieu le Petit), ils présentaient des vêtements essentiellement conçus par Adela Olejnik, styliste d'origine polonaise installée à Montpellier. Il y a six ans, elle a obtenu le prix Anvar pour son projet de tenues esthétiques à la mode, confortables, pratiques à enfiler, en matières anti-escarres et anti -roid.
Malheureusement, « c'est une collection qui a du mal à aboutir, faute de moyens financiers et de mécène », dit celle qui vient d'essuyer un refus de prêt à taux zéro de la part d'une banque. Claudie Sontag, styliste lyonnaise, a créé en 2007 et 2008 des robes de soirée et des maillots de bain pour les finalistes Miss France. Cette fois-ci, elle a conçu une parure de lingerie en satin de soie dont le haut et le bas se détachent facilement sur le devant. « C'est intéressant de réfléchir sur quelque chose de nouveau, avec une contrainte. Cela m'a donné l'impulsion pour concevoir une petite ligne de corseterie, pour tout le monde, qui sortira en février ». L'ambiance de la soirée était chaleureuse, les mannequins d'un jour ravis. « C'est une expérience unique et extraordinaire », témoignait avec un grand sourire, Yves, 29 ans, qui présentait, debout, une douillette robe de chambre. « Ils sont toujours mis à l'écart, parfois cachés, cette fois-ci, on les regardait avec des regards admiratifs. D'habitude, ils sont entre les mains de professionnels du social, cette fois, ils étaient encadrés par des professionnels de la beauté », appréciait Martine Fontaine, une éducatrice. Et de conclure : « Cela nous amène à inventer autre chose, à se dépasser, à oser avec eux et quand on ose, tout est possible»
Isabelle Brione(http://www.leprogres.fr/)
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Priscille,
Présidente de l'association



